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  Accouchement

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Victoire
Beauté divine
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Date d'inscription : 24/05/2011

MessageSujet: Accouchement   Mar 4 Déc - 21:40

Meleagre a écrit:
Citation :

Quatrième Cursus - La Sage-femme
Cours II: L'accouchement





    Introduction


Les dangers, lors de l’accouchement, pour la femme et son enfant sont multiples. Il est souvent laborieux et une aide efficace est nécessaire à la femme. Tout doit être mis en œuvre pour faciliter la naissance de l’enfant, la vie de la mère pouvant alors être sacrifiée. Comment la femme est-elle entourée pour cette épreuve?

Avant la création de la profession de sage-femme, les accouchements étaient assistés par les matrones, des femmes d'âge mûr qui aidaient les femmes plus jeunes à accoucher. Elles étaient pour la plupart inexpérimentées. Puis sont apparues les sages-femmes qui opéraient au domicile de la parturiente.
A côté de ces sages-femmes, des structures d’accueil sont également mises en place dans un certain nombre de villes. A Paris, une salle spéciale est réservée aux femmes à l’Ostel-Dieu. Les femmes n’y sont admises qu’à partir du huitième mois de grossesse. Au XIIIème siècle, le Seigneur de Montpellier a fondé la première maternité de la ville. Les femmes pauvres y sont admises à la fin de leur grossesse pour accoucher et, à la sortie, elles peuvent laisser leurs enfants.
Quand l’heure de l’accouchement approche, la femme doit faire venir les accoucheuses et se retirer de la vie normale. Dans certains milieux, elle change même de résidence, car l’accouchement reste un "spectacle" qui peut choquer. Seules les femmes participent à l’accouchement. Le mari reste en « dehors alors qu’il pleut ou grêle ».
C’est surtout à partir du XIVème siècle que sont apparus les premiers documents explicites sur la femme enceinte. Les mesures de protection la concernant ne furent adoptées que petit à petit et de façon ponctuelle. Naître à l’hôpital constitue peut-être une chance supplémentaire de survie pour le bébé, et ce malgré le taux élevé de mortalité infantile, mais cela permet surtout de surveiller les femmes et ainsi d’empêcher l’infanticide.
En fait, le but est toujours de protéger la vie de l’enfant, plus que la santé de la mère. Grâce à ces structures d’accueil, les mères et les nouveaux-nés sont entre les mains de sages-femmes plus expertes et mieux contrôlées que les matrones de villages. En effet, en règle générale, les accouchements sont effectués par des femmes peu expérimentées, n’intervenant pas ou peu, sauf par quelques moyens magiques. La mère est bien souvent laissée seule face à la douleur et au danger que l’accouchement représente pour sa propre vie. Et nous sommes là afin d'éviter pareille chose !

    Us et coutumes


L'accouchement ne déroge pas à cette règle et même loin de là, vous verrez multiples us et coutumes autour de la délivrance. Tout d'abord quelques superstitions:
- Aucun homme ne doit être dans les murs lors d'un accouchement.

- Tous les nœuds doivent être déliés, rideaux, longes, fils etc...(Pour éviter que l'enfant ne naisse étranglé avec le cordon ombilical).

- Louer une ceinture de sainte marguerite, à base de racines de courges

- Accrocher un bout de corail rouge si possible à la cuisse droite

- Serrer un diamant

- Pour éviter que des démons ne viennent, la sage-femme enterre ou brûle la secondine, et on lui fait cadeau du cordon ombilical qui, séché et réduit en poudre, peut être vendu comme philtre d'amour.
- On évite les draps blancs qui favorisent les hémorragies, et on utilise les draps où la mère a dormi 15 jours.

- Le sachet d'accouchement de Santa Margherita di Antiochia. Dans un petit sachet en toile : des cordons entremêlés, un petit parchemin où était inscrit la vita de Santa Margherita, deux fleurs à six pétales, une bleue et une blanche, une bandelette portant le nom de Saint Etienne, Saint Bernard et Saint Benoit, un petit médaillon ovale en métal, des graines de courges au nombre de 7, deux rubans de soie où était brodé, le premier "Nostro Signore Giesu Christo" et l'autre " Aristotele si protegge" ainsi que les trois petites médailles: une violette avec un figuier gravé dessus, symbole du don de soi et de la générosité, une verte avec une dague, symbole de la bravoure, et enfin une bleue, avec un bleuet et une croix, symbole de l'humilité et de la piété. (* Dans l’Occident chrétien, Sainte Marguerite est la patronne des femmes enceintes.

A notre époque, l’histoire de sa passion connait une faveur extrême. Son martyre s’achève par une vision où elle se voit avalée par un dragon, incarnation du Diable. Armée de sa croix, Sainte Marguerite transperça l’échine de l’animal et en ressortit indemne. Symbole d’un accouchement rapide et sans douleur, l’histoire de sa délivrance est racontée sur des parchemins conservés dans les «sachets d’accouchement» que l’on se passe de génération en génération.)

La matrone renifle l'haleine de la parturiente. Si elle est bonne, l'accouchement sera facile ; mauvaise, il sera difficile. On considère qu'une femme battue accouche toujours difficilement.
Ne jamais perdre de vue que le côté croyance et médical sont étroitement liés lors d'un accouchement : en ce moment important de la vie, la femme se raccroche au moindre détail.

A la campagne, on accouche dans la ferme ou au château. Chez les gens modestes, la mère de la parturiente, les voisines et une à deux matrones (les sages-femmes) assistent à la venue de l'enfant. On rit, on boit et les hommes n'ont pas le droit d'entrer dans la maison. Qu'il pleuve ou qu'il vente, le mari n'entre pas chez lui.

Au château, des tapis et des tentures sont spécialement disposés dans la chambre. La mère, plusieurs matrones, des femmes domestiques, des cousines et des tantes viennent assister et soutenir la femme qui accouche. Un médecin est dans les parages, en cas de complications. Malheureusement, quand on a affaire à lui, c'est généralement pour constater un décès.

En ville, les femmes très pauvres accouchent à l'hôpital, en salle commune. A Paris, l'Hôtel-Dieu dispose d'une salle de vingt-quatre lits que l'on peut occuper à partir du 8e mois de la grossesse. Les femmes accouchent sous le regard des autres, dans des conditions d'intimité inexistante.

A la campagne, on délie tous les nœuds de la maison, et même, dans l'étable, les vaches sont détachées, pour éviter que le cordon ombilical ne s'enroule autour du cou du bébé.

    1) Techniques et recettes pour faciliter l'accouchement


Les difficultés au cours de l’accouchement sont multiples. Pour lutter contre celles-ci, de nombreux remèdes sont donnés dans les recueils. Ces remèdes sont constitués de potions, de fumigations, de rites magiques. Les bains sont une technique essentielle pour faciliter l’accouchement : «Le médecin doit faire baigner la femme grosse d’enfant qui ne peult enfanter au terme de nature ».
Aussi on prépare un baquet d'eau tiède dans lequel on met de la mauve, de la camomille, du fenouil, du lin et de l'orge. Cela aide à la détente, adoucit les contractions, relaxe sans arrêter le travail.


Les fumigations sont aussi conseillées. Arnaud de Villeneuve déclare qu’il faut prendre le remède et le « met en un pot neuf de terre sur les charbons et mettre ce pot entre les jambes afin qu’elle [la parturiente] reçoive la fumée par sa nature car celuy est moult profitable. Et ce aide paraillement à enfanter».

Différents breuvages peuvent en outre faciliter l’accouchement. Il faut aussi, selon Trotula, « que la dame soit promenée par petits pas au long de la maison ». Arnaud de Villeneuve conseille à la femme de « monter et descendre des marches, et de se coucher sur le ventre les jambes ployées appliquées sur le nombril ».
Si l'accouchement s'annonce difficile, la parturiente met du poivre ou de l'encens dans ses narines, afin de provoquer des éternuements puis des contractions.

Faire boire un verre de vin contentant de la matrice de lièvre séchée et réduite en poudre (principe utilisé car cet animal accouche très rapidement). Mélanger une grosse cuillère de poudre dans un verre de vin rouge. Faire boire dans le but d'accélérer le travail et les contractions.

Poser des emplâtres à base de jus de purpuera et d’herbe de mesle sur le ventre de la femme.
Boire du lait d’ânesse.

Tisanes ou décoctions de plantes considérées comme facilitant l'accouchement :

Comme précédemment, il ne s'agit pas d'une liste exhaustive mais seulement de celles considérées traditionnellement comme ayant cette vertu.

• Alchémille.
• Framboisier (feuilles en infusion).
• Pivoine (faciliterait l'expulsion du placenta (=secondine) après l'accouchement).
• Verveine.


    2) Comment accoucher?


Les femmes ont longtemps enfanté à genoux, accroupies, debout (dans le Lötschental, le canton de Glaris) ou assises sur des chaises obstétricales ou d'accouchement . La sage-femme est accroupie devant la femme (ce que décrit le latin obstetrix, l'allemand Hebamme, l'italien levatrice et d'anciens termes français, leveuse, levandière rappelant qu'on lève l'enfant). La mise au monde elle-même se passe parfois par terre, sur de la paille: dans les patois alémaniques de l'Oberland bernois, du Valais et des Grisons, accoucher se disait "tomber dans la paille"

L'intervention des médecins fait apparaître "le lit de misère", de travail ou de douleur, affecté spécialement à l'accouchement, qui leur permet de travailler debout puisque la parturiente est couchée. Plus simplement, on utilise aussi le lit habituel, positionnant la femme en travers pour faciliter l'accès à la sage-femme ou au médecin.

Le rôle de la sage femme consiste surtout en une présence : elle intervient peu et laisse faire la nature.
On s'enduit les mains d'huile de violette et de laurier après les avoir lavées, ensuite il faut aller voir l'état de la matrice afin de se rendre compte de l'avancée du travail.

On peut enduire le col de l'utérus de beurre fondu, pour ne rien déchirer au passage de l'enfant, ainsi qu'installer la fumigation près de la future mère, placée près des chairs sous un drap pour assouplir les chairs et faciliter le passage de l'enfant.

Il faut enfoncer sa main dans le col dilaté pour diverses raisons telles que :
- aider à la dilatation,
- bien placer le bébé, et éventuellement, nouer un fil autour du poignet du premier à naître lors d'une grossesse multiple

Ensuite on intime à la mère de respirer profondément, respirer, souffler en suivant les contractions lui ordonner de pousser lorsque la contraction est là.
Une fois la tête de l'enfant apparue, demander à la mère d'éviter d'expulser afin de le sortir délicatement.
L'enfant sorti, il faut couper le cordon ombilical à quatre doigts : un rituel pour les 4 saisons et les 4 stades de la vie.
Faire pleurer l'enfant. Puis le nettoyer, ceci sera détaillé dans un autre cours.

Expulser la secondine (le placenta) du ventre de la mère. Si difficulté lors de cette délivrance, lui faire boire du jus de poireau avec du miel pour la faire vomir.
Si déchirure.....ramollir les chairs avec du beurre fondu pour y faire trois ou quatre points de suture avec du fil de soie.

Après la naissance, faire boire à la jeune mère, un verre de vin, un bouillon léger et manger un peu de volaille.

Se relever de ses couches au bout d'un mois.

Toutefois à noter que malheureusement, une naissance sur deux se termine par le décès de la mère.

    3) Combien de temps dure un accouchement?


Pour un premier enfant la durée est souvent aux alentours de 20h, du début du travail à la délivrance. Pour les accouchements suivants cela peut varier de 2h à une dizaine heures. Il n'y a aucune règle, chaque femme est différente, chaque accouchement l'est également !


    Conclusion


Comme vous pouvez le constater ce cours est sur l'accouchement lui-même, mais il est nécessaire à la suite de prendre le temps de parler des soins à l'enfant, mais également des accouchements à risque ou difficiles voire des "monstrueux". Ceci fera l'objet d'autres cours mais je tiens à terminer celui-ci sur une touche d'astronomie puisque la grossesse est placée sous le signe des planètes :

Mois 1 : Saturne --> La matière prend forme
Mois 2 : Jupiter --> La matière est préparée à recevoir les membres
Mois 3 : Mars --> Augmentation de la chaleur corporelle
Mois 4 : Soleil --> L’embryon remue, sa force augmente
Mois 5 : Vénus --> La perfection (finition) des membres est assurée
Mois 6 : Mercure --> Fortification du fœtus
Mois 7 : Lune --> Achèvement du fœtus
Mois 8 : Saturne --> Période de repos
Mois 9 : Jupiter --> Complète son influence bénéfique

Celui qui naît avant le septième mois ne peut vivre, les sept planètes n’ayant pas encore exercé leur action, le fœtus ne pourrait donc pas devenir un homme à part entière. La naissance la plus favorable est au neuvième mois, car au «neuvième mois Jupiter commence à régner et pour ce qu’il puisse bien vivre et aussi pour qu’il soit fortifié et agrandi et plus vertueux».

Le huitième mois est par contre redouté pour la naissance car les enfants nés à cette étape de la gestation ne peuvent vivre, étant sous l’influence de Saturne, planète peu remuante et froide…


Cours rédigé par Stephandra du Moutier,
Repris et modifié par Anya Giffard de Puycharic,
Médecins diplômés de l'Ostel-Dieu de Paris

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