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  L’alimentation du nouveau né et de l'enfançon

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Victoire
Beauté divine
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Date d'inscription : 24/05/2011

MessageSujet: L’alimentation du nouveau né et de l'enfançon    Dim 9 Déc - 19:17

Meleagre a écrit:
Citation :

Quatrième Cursus - La Sage-femme
Cours IV : L’alimentation du nouveau né et de l'enfançon





    Introduction


Bien que tous, lettrés, clercs d'Église, médecins, parents, s'accordent à préférer l'allaitement maternel à celui d'une nourrice et à estimer que l'alimentation artificielle ne peut au mieux que constituer un pis-aller, les familles sont souvent obligées d'avoir recours au biberon ou aux bouillies et ce pour des raisons logiques, le décès de la mère en couche ou à la suite d'une fièvre puerpérale (notion que nous verrons ultérieurement), le tarissement de son lait, une mauvaise conformation des mamelons, exigent en attendant de trouver une nourrice ou que l'on ait recours à des substituts d'allaitement.

Par ailleurs, des croyances non fondées partagées par tous les milieux sociaux incitent également à ne pas allaiter les deux ou trois premiers jours de la vie et pendant la grossesse, car le colostrum comme le lait d’une femme enceinte sont jugés l’un nocif, l’autre indigeste ; en outre, en cas de naissance gémellaire ou multiple, il est déconseillé d’allaiter plus d’un enfant à la fois; dans tous ces cas de figure, les bébés sont nourris autrement.

Nous allons ainsi traiter dans ce cours, les différents mode d'alimentation du nourrisson, de l'allaitement maternel, à celui d'une nourrice mais également l'alimentation dite "artificielle" et les premières bouillies proposées.


    1) Us et coutumes


Sur les conseils du célèbre médecin Grec Soranos, l'allaitement est interdit les vingt premiers jours après la naissance, le lait maternel étant considéré comme indigeste. En attendant, le nouveau-né est nourri de miel tiède, éventuellement mélangé à du lait de chèvre. Le sevrage intervient vers l'âge de deux ans ; le "guttus", sorte de petit biberon en terre cuite ou en verre, prend alors le relais pour offrir à l'enfant du lait animal, des soupes ou des bouillies.

On pense que le lait fait passer de la mère à l’enfant les traits héréditaires et la bonne santé. Cependant, l’allaitement n'est pas chose simple principalement pour les paysannes qui participent aux travaux agricoles. Ces tâches longues et laborieuses peuvent provoquer un appauvrissement du lait voire le tarir. Dans l'aristocratie, l'allaitement peut également être vu comme une source de contraintes. Les familles les plus aisées font donc appel à une nourrice soigneusement choisie pour ses qualités morales et physiques puisqu'on pense qu'elle va les transmettre, en partie, au bébé par l'intermédiaire de son lait.

L'appel aux nourrices date de l'Antiquité : le recours aux nourrices allait s'étendre aux mères plébéiennes, qui ne pouvaient se permettre les services d'esclaves mais se rendaient au "Forum Olitorium" à Rome, sorte de marché où des femmes se groupaient pour allaiter moyennant rémunération. Jules César aurait témoigné de l'importance de ce phénomène, en s'écriant sur une promenade publique : "les dames romaines n'ont donc plus d'enfant à porter ni à nourrir qu'on ne voit plus entre leurs mains que des chiens ou des singes"

Si les parents ne peuvent pas offrir au bébé du lait maternel, ils vont lui donner du lait bouilli d’ânesse ou de chèvre et non de vache car trop indigeste. Cependant cette décision est prise en dernier ressort car les parents n’aiment pas donner le lait animal qui est réputé transmettre la bestialité.

Pour la petite histoire, une petite princesse du XIVe siècle, Marguerite de Bourgogne, reçoit ainsi à l’âge de 4 mois de « l’eau de mûre franche ».


    2 )Allaitement maternel


a) Comment allaiter?


Question pertinente puisque ce n'est pas forcément inné chez toutes les femmes et qu'il faut souvent aider à la première mise au sein.

Les tous premiers jours, c’est un liquide appelé colostrum qui nourrira l'enfant, prémisse du lait maternel qui comble parfaitement ses besoins nutritionnels. Puis vient la montée de lait elle-même. Il faut savoir que ce sont les succions du bébé qui stimulent la montée laiteuse, ainsi, dès que l'enfant vient au monde, il est important de le mettre tout de suite au sein pour qu’il prenne ses marques et que la montée de lait soit stimulée.
• La mère doit être confortablement installée et soutenue.
• Tout le corps du bébé doit être tourné vers la maman, il n'a pas à tourner la tête.
• Il doit avoir la bouche bien ouverte et les lèvres retroussées pour prendre le mamelon et une
grande partie de l'aréole. La langue du bébé est placée sous le mamelon. Le
menton et le nez touchent le sein. Il n’est pas nécessaire de faire pression sur le sein
pour dégager le nez du bébé, cela peut causer des douleurs et des engorgements.


b) Des plantes pour aider à l'allaitement ou pour tarir :

Pour augmenter la sécrétion lactée (plantes galactagogues) :

- Ajouter à l'alimentation : des lentilles cuites, des topinambours cuits, de l'avoine (en bouillie par exemple).

- Infusion d'aneth odorant, 50 g de graines pour 1 litre d'eau bouillante : 3 tasses par jour.
ou Infusion de 50 g de graines pour 1 litre d'eau bouillante, couvrir, laisser infuser 10 min, prendre 1 tasse après le repas : d'anis vert, de carvi, de cumin.
ou Infusion de basilic, 50 g de feuilles pour 1 litre d'eau bouillante; 1 tasse après le repas.
ou Infusion de carotte cultivée, 30 g de graines séchées pour 1 litre d'eau bouillante.
ou Infusion de fenouil sauvage, 30 g de graines pour 1 litre d'eau bouillante, couvrir, laisser infuser 10 min; 4 tasses par jour loin des repas.
ou Infusion de galéga, 20 g de plante fleurie séchée pour 1 litre d'eau bouillante ; 3 tasses par jour.
ou Infusion de malt (orge germé), 15 g pour 1 tasse d'eau non bouillante, laisser 10 min au bain-marie, passer; 2 tasses par jour.
ou Infusion de verveine officinale, 30 g de sommités fleuries séchées pour 1 litre d'eau bouillante ; 4 tasses par jour.

Pour tarir la sécrétion lactée (plantes anti-laiteuses) :

- Cataplasme de feuilles cuites d'ache mélangées à des feuilles de pervenche et de menthe.
ou Cataplasme de feuilles fraîches pilées de : aulne, cerfeuil, menthes, persil.
ou Cataplasme de feuilles fraîches pilées, puis chauffées, de douce-amère.

- Infusion de sauge, 20 g de feuilles séchées pour 1 litre d'eau bouillante; 3 tasses par jour.


c) Allaiter, jusqu'à quand?

On peut allaiter longtemps l'enfant, jusqu'à trois ans par exemple, mais bien souvent à l'arrivée de la dentition, l'allaitement peut être douloureux, ou simplement on incorpore petit à petit des bouillies afin de diversifier son alimentation.

Cela reste malgré tout au choix personnel de chaque femme.
Malgré tout on ne stoppe pas brutalement un allaitement, il faut passer par une phase de sevrage. Sevrage qui peut se faire progressivement, selon un rythme de tétées imposées par l'enfant qui désire moins le sein.


3) Allaitement par une nourrice

Ceci reste également un choix, une décision familiale ou de la femme, mais certaines règles existent et il faut en tenir compte. On ne prend pas une nourrice au hasard.
Depuis l'Antiquité, les femme riches confient l'allaitement de leur enfant à des femmes pauvres ayant perdu le leur. Quant aux femmes pauvres de la campagne vivant auprès de leur mari, personne ne croyait qu'elles attendaient la fin de l'allaitement pour reprendre leurs relations conjugales. A noter qu'il est considéré comme pervers d'avoir des rapports charnels pendant la durée de l'allaitement.

On pense pouvoir contrôler la qualité du lait dont on nourrit l'enfant non seulement par le
choix d'une nourrice jeune, de bonne mine, de bonne humeur, et accouchée depuis un ou deux mois seulement, mais par son régime alimentaire. Aldebrandin écrivait : « quand on l'aura, si convient user à la nourrice bonnes viandes [= aliments], comme chaudeaux d'amandes, chair d'agneau, chevreau, poules, poissons à écailles, joutes [=pure] de laitues et de bourraches la garder d'oignons, de roquette, de sénevé, de persil, de mente, de basilic et d'ail et de toutes autres choses qui mauvais sang font »

C'est-à-dire qu'il faut choisir des nourritures tempérées et même un peu fraîches, et éviter toutes les nourritures échauffantes. Ces nourritures à éviter sont de celles qui donnent un goût au lait.


4) L'allaitement artificiel

On utilise pour ce faire une corne percée au bout pour faire passer le liquide. Néanmoins, nourrir l'enfant ainsi est assez difficile : il faut éviter que le lait ne s'écoule trop vite et que le bébé s'étrangle.

Le cornet, corne de vache percée, remplie grâce à une « chevrette » est utilisée. Cette dernière est un petit vase à goulot tubulaire plus ou moins long qui fait également fonction de biberon pour les enfants assez âgés pour savoir tenir cet objet et téter par eux-mêmes. Ce biberon à goulot peut être en terre cuite, en étain ou en verre .


Sauf dans le cas de la prise d’un remède composé à base de lait de femme, c’est de lait animal, et notamment de lait de chèvre, que l’on remplit la corne à allaiter ou chevrette. De là vient sans doute cette appellation donnée aux vases à goulot tubulaire. En effet, le lait de chèvre est jugé plus digeste que tout autre.

On dit aussi que le lait de chèvres ou brebis qui auront brouté des violettes fera « grand profit » aux enfants « qui en mangeront les papins » : sans doute en sort-il parfumé ! Mais il n’y a pas d’élevage de chèvres en toutes régions. On fait donc également appel au lait de brebis et, en milieu nobiliaire, au "lait d’ânesse boully ". En revanche, lorsque l’enfant n’est plus un nouveau-né, c’est du lait de vache qui lui est donné.

On peut y délayer un peu de miel ou de la farine d'orge également.


5) Du sevrage ou des premières bouillies

Le recours au "biberon " ou à la bouillie, qu’on appelle alors « papa », « papet », ou « papin(e) », s’impose enfin dès que la poussée dentaire décourage l’allaitement au sein, ou tout simplement lorsque le bébé pleure trop.
On mélange au lait, de la farine cuite sous forme de gâteaux émiettés ou de mie de pain, du miel et du vin pour les familles les plus riches. Le vin est bouilli donc sans alcool mais conserve le tanin qui combat les diarrhées et la bouillie est sensée fortifier et faire grandir le bébé plus rapidement. Les mères ont tendance à nourrir abondamment leur bébé pour accélérer la croissance à un âge où la mortalité infantile est très élevée. Plus du quart des enfants meurt avant l'âge de un an. Les médecins mettent en garde les mères sur le danger d’une nourriture trop lourde trop tôt et les problèmes digestifs qu'elle peut amener. La farine utilisée dans les bouillies peut être la cause d'aphtes et d'affections gastro-intestinales. Néanmoins les mères semblent rester persuadées des bienfaits d’une alimentation solide.
On mêle aussi au lait des croûtes de pain écrasées, soupes de pain trempé dans le lait ou dans l’huile, du pain trempé d’eau ou de miel ou de lait, ou encore de la farine cuite, du lait de chèvre et du pain blanc.

- On met de l'eau à chauffer : proportions à adapter en fonction de la texture de la bouillie que l'on désire obtenir.
- On verse la farine diluée dans l'eau qui bout. Cela reste liquide quelques instants, puis cela épaissit et devient de la bouillie.
- On laisse cuire la bouillie quelques minutes en mélangeant, puis on la laisse refroidir avant de la donner à manger.

La bouillie devient un peu plus épaisse en refroidissant. Si on a mis beaucoup de farine, la bouillie devient très épaisse, trop épaisse pour qu'un bébé puisse la manger.

L'épaisseur (ou consistance) d'une bouillie se mesure : on parle de viscosité. Plus la bouillie est épaisse, plus sa viscosité augmente. Bouillie aqueuse, bouillie liquide, bouillie fluide (ou légère ou semi-liquide), bouillie onctueuse (ou crémeuse ou liée), bouillie épaisse (ou purée légère), bouillie moulée (ou purée), bouillie solide (pâte) pourraient exprimer l'échelle croissante de viscosité des bouillies. La bouillie onctueuse devra être donnée au nourrisson à la cuillère pour qu'il la "mange". Mais il pourra "boire" au bol une bouillie liquide.


    Conclusion

Quel que soit le mode d’alimentation choisi, il répond à un souci de voir survivre les enfants.

On prend soin de nettoyer les ustensiles destinés à l’alimentation infantile et que le matériau de leur vaisselle n’est pas choisi au hasard : un compte daté de 1281 précise que la poêle à cuire la bouillie, les écuelles et les petites cuillers destinées à nourrir un bébé, sont en argent « pour être plus nettement [proprement] et à couvert ». L’alimentation artificielle n'est donc pas pratiquée sans précautions.


Cours rédigé par Stephandra du Moutier,
Repris et modifié par Anya Giffard de Puycharic,
Médecins diplômés de l'Ostel-Dieu de Paris

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